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Note from 'Italy' chapter from 'Memoirs Of My Life And Writing' by Gibbon

EXTRACTS FROM THE JOURNAL
1764Juillet 16

Nous avons fait notre VIII me visite à la Galerie, etc., etc., etc. Je vais parler de ses meubles qui ne consistent qu'en statues, et en bustes antiques, places alternativement, de manière qu'il se trouve toujours une statue et deux bustes. Ces derniers sent peut-être le trésor le plus précieux de la galerie, puisqu'ils contiennent la suite complette de tous les empereurs, depuis Auguste et Jules César jusqu' à Caracalle, sans compter plusieurs des successeurs de celui-ci; beaucoup d'impératrices, et des bustes qu'on a assignés à des philosophes, et des poètes Grecs, sur la foi des descriptions vagues et obscures que les anciens nous ont laisse de leurs personnes. C'est un plaisir bien vif que de suivre les progrès, et la décadence des arts, et de parcourir cette suite des portraits originaux des maîtres du monde. On y voit bien plus distinctement leurs traits que sur leurs médailles, dont le champ est trop petit. Je conviens que ce n'est qu' à 1'aide des médailles que nous les reconnaissions ici. C'est pourquoi j'aurois voulu qu'on eut pratique dans le piédestal de chaque buste, un petit tiroir rempli de ces médailles. Les curieux auroient trouve beaucoup d'agrément à les comparer. A tout ce mérite accessoire il y a beaucoup de ces bustes qui ajoutent encore celui du travail. Sans vouloir les passer tous en revue comme 1'a fait Cochin, je marquerai ceux qui m'ont arrête par quelque endroit. 1. Jules Cesar. Il est singulier. Tons ses traits sont contractes, et 1'air du visage porte les caractères les plus frappans de la vieillesse et de la caducité. On comprend à peine que ce soit le buste d'un homme mort à 1'age de cinquante-six ans. Je n'ai pas pu remarquer sa tète chauve, quoique le front soit un peu dégarni des cheveux, non plus que la couronne de laurier, sous laquelle ce héros cachait un défaut dont il avoit la faiblesse de rougir. II est vrai que la plupart des têtes d'hommes de cette suite, sent sans aucun ornement. 2. Cicéron. Un long con, un visage un peu maigre, beaucoup de rides, un teint un peu jaunâtre, qui vient de la couleur du marbre, tout annonce ici la force et les travaux de 1'esprit plutôt que du corps. Il est d'une vérité et d'une finesse extraordinaire. Le sculpteur a marque un pois sur la joue gauche; comme il est joliment fait, il n'est qu'un agrément qui sert d'ailleurs a le distinguer: mais quoique le nom fut héréditaire, la marque (Cicer) no 1'etoit pas. 3. Agrippa. C'est bien le contraste de Cicéron, quoiqu'il soit peut-être aussi beau dans son genre. Il est d'une manière grande et hardie. Un visage large et quarre, des traits saillans et marqués; des yeux grands, mais excessivement enfonces dans la tête; des cheveux qui couvrent la moitie du front; tout y réveille 1'idee de la force et de la vigueur, et présente un ensemble plutôt terrible qu'agréable. On 1'a place parmi les empereurs que cet homme nouveau a mis sur le trône du monde. 4. Sappho . La sculpture était trop imparfaite au 6me siècle avant Jesus Christ pour nous permettre de regarder la tête de cette femme célèbre comme une originale. Je le croirois encore moins, puisque Sappho, qui brilloit plutôt par 1'esprit que par la beauté, n'avoit certainement pas ce beau visage ovale, quoiqu'un peu arrondi par 1'embonpoint que le sculpteur lui a donné ici. Ce morceau est d'une grande beauté. 5. Caligula . Ce buste, qui est d'une exécution libre et hardie, acquiert un nouveau prix par la ressemblance parfaite et exacte qu'il a avec les médailles de ce tyran. Pour un homme mort dans sa trentième année, ses traits sont extrêmement formés. 6. Néron . Il y a beaucoup d'expression, mais d'une expression un peu confuse. Dois-je le dire, et le dire ici? Néron ne m'a jamais révolte autant que Tibère, Caligula, on Domitien. II avoit beaucoup de vices, mais il n'était pas sans vertus. Je vois dans son histoire peu de traits d'une méchanceté étudiée. II était cruel, mais il 1'etoit plutôt par crainte que par goût. 7. Sénèque . Morceau très estime et digne de 1' étre. Sa peau décharnée paraît ne couvrir que des os et des muscles, qui sont rendues avec une grande vérité: ses veines sont des tuyaux qui semblent vuides de sang. Tous les caractères du buste annoncent un vieillard, et peut-être un vieillard expirant. 8. Galba . Buste forte beau. 9. Otho . Il n'a d'autre mérite que celui de sa rareté. Je suis surpris qu'il s'en trouve. Mille accidens peuvent faire enterrer et conserver des monnoies; mais comment s'est-il trouve quelqu'un qui ait voulu risquer de garder le buste odieux de ce fantôme d'empereur ? A la vérité le règne de son ennemi Vitellius passa presqu'aussi vite. 10. Vitellius . La tête de ce gourmand et bête stupide est chargée de chair. II est singulier que les monumens de cet empereur aussi ne soient pas plus rares. Je pense que Vespasien le méprisa trop pour les détruire. 11. Vespasien . Si la nature doit être le modelé des sculpteurs cette tête est d'une beauté merveilleuse. Rien n'est plus naturelle que les contours, rien n'est plus gracieux que 1'air, à la fois gai, tranquille et majestueux. C'est vraiment un visage humain, et quoiqu'il soit plutôt laid que beau, il est bon et intéressant. Je suis persuade que la ressemblance était frappante. 12. Berenice . La coeffure de cette reine est en boucles frisées très-artistement, mais disposées avec une apparence de négligence. Si elle n'était pas plus belle qu'elle n'est représentée ici, on a peine à comprendre la passion de Titus. 13. Domitia . La manière dont ses cheveux sont ramasses sur le front en beaucoup de petites boucles détachées, leur donne assez, selon Cochin, 1'air d'une éponge. None nous sommes arrêtes aux Douze Césars, division qui est occasionnée par Suétone plutôt que par la raison. Les six Césars auroient été plus naturels.

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Nous avons fait notre IXme visite à la Galerie . Voici la suite des bustes que nous avons reprise. 14. Trajan . Buste facile et naturel. Je vois sur la physionomie un sourire moqueur assez singulier. La tête est extrêmement tournée de cote: mais en général je ne me rappelle pas un seul buste dont la tête soit laissée dans son attitude régulière. Les sculpteurs auront cru avec raison qu'un petit écart de la ligne droite tracée par la nature donnait plus de grâce et d'âme à leurs figures. 15. Hadrien . Ce buste est très beau. On voit, selon le témoignage des historiens, que ce prince a commence le premier à laisser croître sa barbe. II la coupoit cependant de tems en tems, et ne se piquoit point d'avoir cette longue barbe pendante, et bien nourrie, qui faisoit 1'orgueil des philosophes de ce siècle. A 1'egard des cheveux, les premiers empereurs les avoient portes courts, frises avec fort peu de soin, et tombant sur le front. Sur le buste d'Othon on distingue très bien la perruque frisée en grosses boucles par devant dont ce prince fut L'inventeur. Tout ceci ne regarde que les empereurs. Sénèque, qui affichait la philosophie, a beau coup de cheveux, et de barbe. 16. Antinous . Le buste de ce mignon d'Hadrien est très beau. Le visage est très bien formé, d'un mélange de force et de douceur. les épaules, la poitrine, et les mamelles, sont traitées avec beaucoup de mollesse. Le plus bel embonpoint ne détruit point ici les graces du contour. Ce buste, plus grand que nature, est entièrement antique, circonstance rare et presqu'unique. Tout au plus a-t-on la tête antique, souvent il en a fallu restaurer une partie, et le nez a presque toujours été casse. C'est à Antinous seulement que les yeux des bustes commencent à avoir des prunelles; encore les siens sont-ils à peine perceptibles. On ne sauroit concevoir jusqu' à quel point la prunelle rend la vie et 1'expression à tout, et anime tous les traits. Il était juste qu'un pareil secours appuyât la sculpture quand elle touchait an moment de sa décadence. 17. Antonin le Débonnaire . Il est plein de vérité et d'expression, surtout la partie supérieure du visage, le front, et les yeux. Antonin ajouta à la barbe de petites moustaches frisées. 18. M. Aurèle. II y en a trois. Celui que le représente jeune, est le meilleur. On pout remarquer dans toute cette famille la même manière de sculpture; c'est-à-dire plus de beautés de détail, avec un ensemble moins frappant. 19. Annius Verus . C'est un jeune enfant, qui est vraiment un chef-d'oeuvre. Un petit visage rond, o ù brillent toutes les graces de la joie, et de 1'innocence. On ne peut se lasser de le regarder. 20. Un buste beaucoup plus grand que la nature. C'est un visage assez jeune, quoique très formé; fort beau, mais qui levé les yeux an ciel avec la plus belle et la plus forte expression, de la douleur et de 1'indignation. On dit que c'est Alexandre prêt à expirer. Si la conjecture est on peu avérée on pourroit se flatter de posséder un morceau unique de la main de Lysippe, le seul sculpteur à qui Alexandre permettoit de le tailler on marbre. Il n'y a rien dans ce chef-d'oeuvre de noblesse, de simplicité, et d'expression, qui démente le siècle d'Alexandre, on 1'idee qu'on peut se formér de Lysippe. 21. Pertinax . Il me paraît beau. 22. Clodius Albinus . Il est d'albâtre; à ce mérite, et celui d'un bon travail, il ajoute celui de la plus grande rareté. Quand on se rappelle que son ombre de royauté, à été suivi d'un règne de vingt ans d'un enemi implacable et cruel, on conçoit bien les raisons de cette rareté. 23. Septime Sévère . Il est bon, mais j'aime mieux la manière que 1'execution de ce buste. 24. Geta. Celui qui le représente enfant, est fort joli, mais il y paraît plus formé que 1'Annius Verus. 25. Caracalle . Bon, mais il me paraît un peu sec. C'est ici que la sculpture Romaine est tombée dans le même tems que 1'architecture, avec qui elle a peut-être encore plus de rapporta qu'avec la peinture. Je pense que ces derniers morceaux sont de artistes qui restoient encore du siècle d'or des Antonina, et qui ne formérent point d'élevés dans le siècle de fer des Sévères, sous qui le gouvernement devint vraiment militaire, et despotique. Les bustes qui sont les moins mauvais dans la suite, sont, 26. Gallien , et 27. Eliogabale . Le total des bustes des corridors est de quatre vingt douze.

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Florence , Toute la nation dîna, chez M. Mann. Après dîner nous alliâmes voir une course de chevaux. Le Gran Diavolo a remporte le prix. C'est un vieux Anglois qui a vingt deux à vingt trois ans, à qui on West point encore en état de dire solve senescentem equum . Ses victoires, qui sont presqu'aussi fréquentes que ses combats, ont engagé un prince à offrir dernièrement 1000 sequins à son maître le Chevalier Alessandri, qui les a refusés.

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Lord Palmerston et L. ont dîné avec nous. C'est un singulier contraste que ces deux jeunes gens. L'un, pose, tranquille, un peu froid, possède des qualités du coeur, et de L'esprit, qui le font estimer partout, et L'on voit qu'il a mis 1'attention la plus sérieuse à les cultiver. L. est en tout d'une impétuosité, qui no connoit point de bornes; d'une vanité qui lui fait rechercher sans 1'obtenir 1'applaudissement de ceux pour qui son orgueil ne lui inspire que du mépris; et d'une ambition folle qui ne sert qu'à le rendre ridicule, sans être accompagnée de cette constance qui peut seule la faire réussir; un air de philosophic sans beaucoup de logique, et une affectation de savoir, soutenue par une lecture vague et superficielle. Voilà cette homme extraordinaire qui s'attire partout la haine, on la pitié. Je lui trouve cependant un fonds de génie naturel très audessus de son rival Mais ici il sera tout aussi difficile de retrancher qu' à ajouter. Je vois qu'il me goûte beaucoup; peu-à-peu sans le savoir nous nous sommes trouves extrêmement liés. Avec lui il n'y a point de milieu entre une déclaration de guerre, et 1'alliance la plus intime.

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