Summer Months
Note from 'Italy' chapter from 'Memoirs Of My Life And Writing' by Gibbon

EXTRACTS FROM THE JOURNAL
1764Juin 29

Florence , Juin 29, On a célébré la fête de St. Jean, protecteur de Florence. A sept heures du matin nous nous sommes rendus à la place du grand Due, pour y voir la cérémonie des présentations, des hommages, etc., etc. Enfin 1'on voyoit avancer la tour de St. Jean, plus élevée et plus ornée que les aurtes. Le saint lui-même couronnoit le faite. Les niches des côtes étaient remplies de plusieurs autres saints, entre lesquels on distinguoit St. Sebastien, attaché à un pilier. Tons les saints étaient des hommes qui jouoient assez bien leurs rôles. Seulement comme la place de St. Jean paroissoit un peu dangereuse on avoit substitue une figure de bois an garçon qui le représentait auparavant. Cette tour était suivie par ces Chevaux Barbes qui courent l'après-midi, etc., etc.

L'après-midi nous avons vu la Course des Chevaux Barbes qui se fait dans le Corso, une grande et belle rue, mais qui dans bien des endroits n'est point assez large, ni assez droite. Nous sommes allés à la suite de M. Mann a six heures du soir. Le Corso était déjà rempli de plusieurs centaines de carrosses qui se promenaient pour étaler tout le faste du plus grand gala de Florence. Il faut convenir que les équipages et les habits étaient magnifiques et de goût, et que 1'ensemble formait le plus beau coup-d 'oeil qu'on puisse s'imaginer. Dans une demie heure les carrosses as sont retirés, et chacun a gagné sa fenêtre, son balcon, on son échafaud. Nous avons suivi le ministre à la loge de la régence, qui était remplie de ce qu'il y avoit de plus distingue dans Florence. On nous y a reçu de la manière la plus polie. Par ce changement de décoration le spectacle devenait moins brillant, mais plus singulier par la foule innombrable de tous les états qui occupaient les deux côtés d'une grande rue, pendant que la rue même était parfaitement libre. II faut dire que tout as passa sans confusion, et qu'une poignée de grenadiers suffisait pour retenir dans 1'ordre tout ce peuple immense. On fit passer alors les chevaux en procession pour les conduire aux Carceres. Ils étaient quinze, pares de rubans de différentes couleurs, et conduits par les palefreniers et la livrée de leurs maîtres. Ils paraissaient en général beaux, mais quoiqu'on les appelle Barbes, ils peuvent être de tous les pays. Il y avoit en particulier un vieux Anglois de 1'age de vingt-trois, mais qui remportait encore à 1'ordinaire 1e prix. On voyoit bien aux acclamations du peuple à quel point il en était le favori. Lorsqu'ils étaient arrivés au bout, on les rangea aussi également qu'on le pouvoit; on lâcha la corde; ils partirent - je les via passer avec une vitesse que 1'impetuosite naturelle an cheval, animée encore par L'aiguillon qu'ils portaient m'expliquait très-bien. Mais j' étois étonné de la constance et de la tranquillité avec laquelle ils poursuivirent leur carrière aussi bien que si les plus habiles cavaliers les eussent mont é s. Nous les perdîmes bientôt de vue, et toute 1'assemblee fixoit les yuex sur le clocher de la cathédrale pour y lire le nom du vainqueur dans les signaux de lumières qui s'y répétaient et qui répondaient au numéro du cheval. Pour suspendre plus long-tems 1'impatience publique, il falloit par hasard attendre jusqu'au numéro treize. Le Prince Neri déclara an peuple (que la curiosité tenoit dans la plus tranquille silence), que le poulain du Chevalier Alessandri avoit remporte la victoire, et ce silence se changea tout- à -coup aux acclamations tumultueuses de trente mille spectateurs. Avant de livrer le prix au vainqueur, on devoit le bénir avec beaucoup de cérémonie a 1'egliae de St. Jean. Autant que j'ai pu juger, les chevaux ont fourni leur carrière de plus de deux milles dans cinq minutes. Le grand diable est arrive le second, et presqu'au même instant que le premier.

A ne considérer que la vitesse des chevaux, nos courses 1'emportent infiniment sur celle-ci. Cependant 1'antiquito de 1'institution, 1'ardeur d'un peuple entier, qui y assiste, 1'intervention du prince, et même de la religion, lui donnent un air bien plus majestueux. On voit que les Florentins chérissent cet usage comme le seul vestige de leur liberté ancienne; c'est une fureur momentanée qui s'empare de tous les esprits, et depuis les jeux des anciens, c'est peut-être le seul spectacle des plaisirs de tout un état réuni pour s'amuser par les soins, et sous les yeux de ses magistrats.

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